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Jeudi 26 octobre 2006

Cela fait déjà 2 mois que l'UTMB et il est difficile de passer à autre chose...

Alors comme s'est difficile autant reprendre un peu d'altitude avec le recit de l'ascension du Mont Blanc de Thierry

Ascension du Mont Blanc 21-22 Sept 2006.

Ah ce Mont Blanc !!!

Superbe montagne mais pendant tout l’été elle m’a dit non…                                                                                                                        .

 

 

« Non » lors de ma première tentative d’ascension par la voie des Trois Monts (Mont Blanc du Tacul, Mont Maudit, Mont Blanc) ;  temps franchement pas génial et à plus de quatre mille mètres d’altitude, la donne n’est plus du tout la même !!!

De plus mon compagnon de cordée d’un jour est un peu juste physiquement. Christian, notre guide a pris la sage décision de renoncer à 300 mètres du sommet. Dur, dur, mais dans de tels endroits, la moindre anicroche peut vite se transformer en catastrophe…

« Non » début août, là, même pas de tentative, la météo n’était pas bonne, trop grand risque d’avalanches suite à de nombreuses chutes de neige.

« Non » à l’UTMB cette année…

« Non » lors de ma tentative du 03 septembre par la voie normale du Goûter.

Pas de place au Refuge du Goûter, nous dormons donc 600 mètres en dessous au Refuge de Tête Rousse. Départ à 2h20 du mat du refuge, direction celui du Goûter. Pour le moment aucun souci, nous avançons tranquillement mais sûrement… Direction maintenant le Dôme du goûter.

 

Et peu de temps après, nouvelle cata !!! La pluie arrive et le vent se lève… Plusieurs cordées devant nous font demi-tour, nous insistons quelques instants et décidons de renoncer également à 4100 – 4200 mètres d’altitude. Décision difficile à prendre mais très sage par ailleurs. 

Nous voici le lundi 18 septembre, c’est ma dernière semaine avant d’avoir de nouveau des horaires, je commence ma formation !!! Tous les jours je regarde le site de Chamonix, surtout la météo et la webcam … Une idée germe dans ma tête quand je vois qu’une fenêtre météo va s’installer pour deux trois jours. Aurai-je la possibilité de m’y attaquer une dernière fois ???

La décision est prise dans ma tête, je dois tout faire pour de nouveau le tenter pendant cette semaine. Plusieurs coups de téléphone au guide que je connais un peu, pour trouver une solution, voir s’il y a de la place au refuge, toute la logistique en quelque sorte…  Lui n’a pas de trous dans son emploi du temps, mais un de ses collègues a une possibilité.

 

Il ne me le dit pas deux fois, dès son accord par le Goûter, je m’occupe du billet de train. Génial, les billets de dernière minute…  

 

Me voici donc de retour dans la vallée de Chamonix en ce jeudi 21 septembre 2006. Depuis deux saisons, j’en ai passé du temps dans cette magnifique région… Un vrai régal !!!

Parti de bonne heure de Paris, sous les coups de 11h30 je suis dans la benne du téléphérique des Houches en direction  de Bellevue. C’est y pas beau ce moyen de transport : le TGV !!!

 

Première alerte, un léger mal de tête, il faut dire, qu’à la gare, une vilaine odeur de gasoil y était présente… Je n’y prête pas trop attention, nous voici maintenant dans le petit train du Nid d’Aigle.  Le mal de tête persiste, mais ne s’envenime pas. Vingt jours auparavant, j’avais déjà foulé cet endroit, cela me fait tout drôle d’y revenir aussi rapidement. 

 

Fini de se faire transporter, le moment est venu de crapahuter …

 

A peine le temps de mettre mes bâtons à la bonne hauteur, mon guide, Francis, étant déjà sur le pied de guerre, j’emboîte son pas sans avoir serré mes chaussures correctement. En clair, le vrai touriste !!! Aucun souci jusqu’au niveau du Refuge de Tête Rousse. Là, première pause, j’en profite pour un petit ravitaillement, serrer correctement mes chaussures avant de mettre mes crampons. Nous repartons pour le refuge de Tête Rousse.

 

Bientôt les choses allaient se compliquer !!!

 

Eh bien oui, partir le matin de Paris altitude 32 mètres et, ni une ni deux, monter au refuge du Goûter altitude 3817mètres, je ne vous fais pas un dessin.

 

Le dernier tiers de ces 600 mètres d’ascension fut un vrai calvaire… Pourtant, il n’était pas si loin ce refuge, en tant normal je les aurais avalés en très peu de temps ; et là obliger de m’arrêter tous les dix mètres, ma tête me tourne et je vois des étoiles…

 

Lors d’une pause, Francis, me propose de prendre mon sac.

 

Ma réaction a été instantanée !!! Je remets mon sac sur mon dos aussitôt, dans ma tête il est hors de question que l’on m’aide… Après un long calvaire, je suis devant la porte d’entrée du refuge. Ouf, mais comment vais-je pouvoir faire l’ascension demain matin ??? Dans cet état, ce n’est pas possible…

 

Ce n’est pas vrai, la météo est belle, tout pour faire une belle ascension et c’est moi qui ne vais pas bien… A chacune de mes tentatives précédentes, je n’avais eu aucun problème physique, non, non, pas possible, pas cela …

 

Direction aussitôt le dortoir pour me reposer avant le dîner. Pas le temps de me mettre dans mon sac de couchage je dors déjà !!! Une petite heure après, Francis vient me chercher pour le dîner…

 

En clair, l’horreur, j’arrive tant bien que mal à absorber le potage, mais ensuite pratiquement plus rien ne passe. Affalé sur la table en train de somnoler, tout à coup Francis revient et me dit que les secours peuvent venir me chercher…

 

Mais non, lui répondis-je aussitôt, ça va passer !!! 

 

Bien souvent lors d'un week-end à la montagne, le premier jour je ne suis pas à mon top, mais là c’est la cata. Je n’ai jamais été aussi mal… La fois où les conditions climatiques sont bonnes, c’est votre serviteur qui ne va pas bien… non, non, dans ma tête il est hors de question de renoncer.

 

Je l’ai déjà fait, il y a un mois sur une certaine course, là, il en est hors de question quitte à faire l’ascension à quatre pattes !!!

 

Direction le dodo pour me reposer un maximum, la nuit va être courte.

 

A peine installé que le gardien du refuge vient me voir, le docteur du PGHM veut s’entretenir quelques instants avec moi. J’enfile en quatrième vitesse des vêtements, un type sympa à l’autre bout de la ligne, c’est facile à deviner ce que j’ai !!! Le mal des montagnes tout simplement passer de 32 à 3800 dans la journée sans acclimatation, résultat logique, pas grand chose à faire sinon se reposer et prendre de l’aspirine…

 

Aller, cette fois c’est bon je vais me coucher. Mais pas pour très longtemps, vers les onze heures du soir je me réveille avec une envie d’aller aux toilettes !!!  Rien ne me sera épargné. Encore une fois je suis obligé de nouveau de m’habiller. Et pourquoi donc me diriez-vous ? C’est très simple, il faut sortir dehors et aller dans l’autre bâtiment…  

 

A peine ai-je l’impression de m’être rendormi que le réveil sonne déjà. Il est 3h00 du mat !!!  Tout le monde prépare ses affaires, comme des petites fourmis. La nuit, même courte, m’a fait du bien et bonne nouvelle je peux avaler mon petit déjeuner sans gros problème.

 

C’est bon signe, le moral remonte en même temps. Ma tête tourne encore un peu mais cela reste largement supportable. Peut être ne serai-je pas être obliger de faire l’ascension à quatre pattes !!!

 

Crampons aux pieds et encordé, je suis prêt à attaquer cette belle montagne. Une demande au guide, simplement d’appliquer un rythme lent pour ne pas me mettre dans le rouge. Si je veux le réussir, mettons toutes les chances de mon côté !!!

 

Un pas devant l’autre, mètre après mètre, à la lumière de notre lampe frontale, l’ascension avance gentiment mais sûrement…

 

Dur, dur, simplement pour mon orgueil, nous nous faisons doubler par plusieurs cordées ; en pleine forme cela n’aurait pas été le cas !!! Tout doucement nous longeons le Dôme du Goûter pour ensuite une petite descente avant un petit « coup de cul » assez raide pour arriver à la cabane Vallot.

 

Je pensais être plus mal, en fait, l’ascension avance et je retrouve mes forces petit à petit… L’idée me trotte dans la tête : je vais peut-être y arriver ??? Mais surtout, ne vendons pas la peau de l’ours, vous connaissez la suite.  

 

Nous continuons notre progression, après avoir englouti une barre énergétique et un peu d’eau, en laissant nos bâtons tous seuls comme des grands !!!  Ma forme revient gentiment, c’est bien agréable… Et l’on double une cordée, j’aime mieux dans ce sens que tout à l’heure… Les lueurs du soleil arrivent ; de bien belles photos en perspectives, mais en attendant je grave ces instants dans ma tête. La progression passe par une belle arête, pas de bêtise, la trace étant bien faite, il n’y a aucun problème. En levant la tête, le sommet n’est plus très loin, certaines cordées sont déjà là-haut, d’autres même sont sur le chemin du retour, bientôt mon tour ??? Oui, oui, je vais y arriver. Quelles belles vues, les montagnes se réveillent elles aussi aux couleurs orange du rayon du soleil. C’est vraiment magnifique. Ah, ça valait le coup de se forcer hier…

 

Francis s’arrête plusieurs fois pendant cette dernière partie, je n’en voyais pas trop les raisons, et surtout dans ma tête je me dis : « eh allons-y je vais louper de belles photos au sommet avec toutes ces couleurs… »

 

Dernier petit coup de cul et nous voici sur la dernière traversée pour enfin arriver au sommet.

 

Nous arrivons derrière un petit groupe qui déploie un drapeau aux couleurs d’une grande firme française  du CAC 40 !!!

 

Magnifique spectacle !!! Grandiose, impossible vraiment de décrire ce si joli paysage qui se présente devant moi. Au loin, une mer de nuages et de l’autre côté tout au fond de la vallée, Chamonix qui s’éveille . Il est quelques minutes avant 8H00, même si je ne l’extériorise pas, au fond de moi je suis tout simplement heureux…

 

Ma persévérance a payé cette fois ci…

 

Je finirai par ne pensée à mon parrain avec qui je devais le faire, il y a maintenant une bonne vingtaine d’années, mais l’occasion ne s’était jamais présentée.  

 

Le temps passe vite… Une demi-heure s’est déjà écoulée, il nous faut redescendre !

 

Ayant récupéré ma forme, nous avons rejoint le Nid d’Aigle à vitesse grand V, avec une pause au refuge du Goûter. Quelle différence entre la forme d’hier et celle de maintenant !

 

Snif, snif, de retour dans la Vallée, un passage éclair à Chamonix le temps d’une glace et me voilà déjà dans le TGV vers Paris…

 

Non, non, le Mont Blanc n’a pas grandi !!!

 

La faute à mon altimètre…

 

Thierry….

 

 

 

 

 

Par Cyril - Publié dans : cyr2006
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