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Lundi 12 juin 2006

La Cromagnon est un ultra de 102 km et 5400m+ et 6400m-. Le départ est donné à Limone en Italie et l’arrivé à Cap d’ail à deux pas de Monaco.

  

C’est avec ces informations en tête et la lecture de la plaquette de l’épreuve que je descends de Paris le vendredi en train. J’arrive en début d’après midi sur la plage de Cap d’ail, où je dois récupérer mon dossard, retrouver Didier dit L’Dingo.

Pourquoi ce surnom ?? pour plusieurs raisons mais la première c’est qu’il fait partie du Zoo (pour les autres voir avec les animaux)… oui là c’est peut être pas très clair pour tout le monde. Je vous explique, il existe diverses communautés de coureurs et donc le Zoo en est une (http://www.sportnat.com/zoo/), donc chacun des membres à son nom d’animal.

Le dossard est récupéré et déjà on nous laisse entendre que le parcours est modifié en raison de la neige qui est tombée ces derniers jours… normal on est en juin.

Voilà L’Dingo accompagné de la Tortue dont je fais connaissance. Je rencontrerai d’autres animaux à l’occasion de la course et je peux vous dire que ce n’est pas triste et qu’ils sont bien sympa…

  

Direction les bus qui doivent nous emmener à Limone. Je vous passe les détails y’a quand même des choses à raconter sur la course après !! Pour faire bref, couché 23h00, levé 4h00 (le tout sous la tente du Dingo, merci !!)pour un départ décalé d’une heure soit 6h du matin.

  

Le parcours est bien modifié, on ne passera sur les premiers sommets car il y a trop de neige… du coup moins de dénivelé et quelques km en moins.

Le départ est donné à 6h pétante, et modification du parcours oblige on commence par une montée par la route qui au fur à mesure se transforme par une improvisation au goût de chacun de cette ascension. Deux options, suivre la route en saucisson ou couper droit dans la montagne.

Le principal est que je suis bien content d’arriver sur le haut car ce n’est pas très drôle et je ne suis pas là pour faire de la route. On est parti avec L’Dingo qui me dit qu’il veut m’accompagner jusqu’au premier ravito et après me laisser partir. Ok si tu veux… le voilà qui démarre et qui prend quelques dizaines de mètres d’avance.

Bon je le laisse partir comme il veut, moi j’attaque tranquille, je profite du paysage, le jour se lève s’est magnifique et puis y’a encore du chemin à faire.

En plus je n’ai pas trop de repères avec ce changement de parcours de dernière minute… premier pointage, on m’annonce dans les 100. dans la foulée la première descente se profile, j’attaque gentiment, tiens L’Dingo « Ca va ? » il me répond qu’il s’est tordu la cheville… Zut !!!  Un petit mot d’encouragement et je poursuis la descente. Quelques minutes plus tard voici le premier ravito, je demande si on a récupéré le parcours d’origine, on me réponds que ça fait un bon moment… ah bon !!!

  

Je sais qu’après nous attends la première « vrai difficulté » avec la montée au Pas de la Nauque. Je repars du ravito avec le Troll (du Zoo également) en me disant que l’on va faire un peu de chemin ensemble. Malheureusement il n’a pas trop la patate et je le laisse pour faire la montée à mon rythme. C’est un régal, je remonte des coureurs facilement, je n’ai pas la sensation de trop forcer et c’est avec un grand sourire que j’arrive au bout de ce gros morceau en découvrant, à mon avis, le plus beau paysage de la course : Les montagnes, la mer et le Ciel bleu qui se mélangent

Je n’avais pas trop de sensations mais de faire cette montée à tout réveillé !!!

J’enchaine et continu à remonter des coureurs alors que le point le plus haut de la course est franchi, forcement ça descend et je me retrouve derrière un coureur (Pierre).

On commence à taper la causette, genre « tu as déjà fait ce type de course ? … c’est beau !!... » et voilà qu’il me dit : « 

-          Tu n’as pas fait l’EUT(1) ?

-          Si,

-          T’es pas sur le DVD ?

-          Si !

-          Attends, tu ne t’appelles pas Carboni ? 

-          Oui !!??» ,

Je suis surpris, étonné, je pense au Fab quand je vais lui raconter ça… Et pourtant le plus beau reste à venir, car je lui explique qu’avec Fab on a rigolé (et on en rigole encore) de ce DVD où nous sommes interviewé, que j’ai raconté n’importe quoi… Voilà qu’il me sort une de mes phrases… Je suis mort de rire, c’est excellent !!!

Bon apparemment j’ai dit plus de bêtises que le Fab car il ne se rappelle que de ma réplique sur le fait que c’était long… 

 

C’est pas le tout mais il faudrait quand même avancer parce qu’on papote, on papote mais du coup on a un peu ralenti.

On reste ensemble jusqu’à Authion, qui correspond à peu près à la mi-course et où l’on profite d’un bon ravito et d’un chiffre qui fait plaisir 42, je suis 42eme, je n’ai pas l’impression d’avoir remonté plus de 50 coureurs mais c’est bon pour le moral.

 Je change juste de tee-shirt, on refait le plein et c’est reparti. Pierre prend un peu plus de temps, donc je repars tout seul.

S’annonce d’ici 16km et -1300m de dénivelé Sospel lieu du prochain ravito. Je me dis que ça devrait être sympa… bein en fait pas tant que ça, c’est long, après quelques km à flan de montagne, on attaque la descente et comme souvent, on voit la vallée tout en bas mais elle ne se rapproche pas vite.

C’est donc avec beaucoup de plaisir que j’arrive dans le village. Le ravito nous attend, je pointe (33eme) et me dirige vers un comptoir. Sur le côté 3 coureurs sont assis autour d’une table, sur le comptoir des gobelets mais pas de bouteilles. Je demande de l’eau gazeuse, voilà que la dame me réponde de prendre celle sur la table… bon, ok ça fait plus de 8h que l’on court et elle me demande de me déplacer alors que la bouteille est presque vide et que 3 coureurs sont autour.

Pas la peine de s’énerver, ce sont des benevoles… Je me sers un verre, la bouteille est vide. Je demande une bouteille et elle me sert et rentre la bouteille… Ouh là, ils sont rationnés ici, ou bien ?

Bon, on va toujours pas s’énerver, je remplie la poche d’eau et je file, ces dames étaient très gentilles mais la course à pied ça doit être un peu nouveau pour elles.

Je pars et les trois compères sont toujours assis autour de la table… on dirait qu’ils vont sortir les cartes pour taper le carton tranquille…

 

Dès la sortie du village on attaque une montée qui s’annonce assez difficile et comme nous sommes à environ 400m d’altitude, début d’après midi il fait chaud !!!

Il me faut peu de temps pour sentir que mes supers sensations, la plénitude et tout le reste maintenant il faut en parler au passé.

Je suis un peu brassé…pas grave, ça va passer, je monte à ma main. Un coureur me dépasse, on va l’appeler « monsieur je casse le moral »(MJCLM). Donc MJCLM me double m’explique ce qui nous attend, ok merci…

Après cette montée une petite descente et des passages qui demandent de la relance s’enchainent. J’avance à un petit rythme mais régulièrement et me voilà sur une piste. Je cours dès que c’est plat et marche quand ça monte.

Je rattrape MJCLM qui n’a pas l’air très à l’aise sur cette partie plutôt roulante, il me tchatche à 1km du ravito il me dit qu’il en marre de cette piste, qu’il reste encore de grosses difficultés : +800 juste après le ravito et encore 200 un peu plus loin … Heureusement, même si je n’avais pas appris par cœur le profil de l’épreuve je savais que ce n’était pas tout à fait ça la suite.

En fait après le ravito c’est 500m de dénivelé et 150m un peu plus loin…

Bref on arrive au ravito des banquettes où je prends le temps de bien boire, je discute avec les bénévoles, je laisse partir MJCLM, je n’ai pas envie de partager la fin de la course avec lui…

Juste avant de partir Pierre arrive à son tour et après une légère hésitation je pars en lui disant qu’il va me rattraper.

Mais je ne pars pas seul, Ezio, un Italien, qui n’est pas en grande forme me propose que l’on parte ensemble. Ok, allons affronter le dernier gros dénivelé de la course.

Comme souvent, le fait de savoir que c’est un moment difficile on le prend tranquillement et il passe plus facilement que ce que l’on craignait. On est quand même bien content d’arriver au sommet.

Je discute avec les bénévoles pendant qu’Ezio attaque déjà la descente. Je le reprends sur le bas de celle-ci preuve qu’il n’est pas très à l’aise dans cette exercice. Il le sait puisque qu’après m’avoir proposé de monter ensemble, dès que ça remonte il accélère, c’est clair il ne veut pas m’attendre… m’en fou dans ma tête le principal est de finir à mon rythme.

C’est donc seul que j’arrive à Turbie où Pierre me rattrape, il reste 4km et je lui dresse le profil des coureurs qui sont devant moi. Il a encore du jus et surtout de la volonté alors je le pousse pour qu’il parte en chasse de ces concurrents.

La dernière descente et le de bord de mer m’emmènent sur la ligne d’arrivée où je savoure le résultat de ces 13h25.

Portez vous bien

 

Stats :

 

Temps :13h25’42’’

Classement : 31eme/360 classés

Parcours : 98km +4000 -5500  

  

(1) Endurance Ultra trail que l’on avait avec le Fab en 2004, on vend des DVD collector avec spéciale dédicace des CyrFab à 30€… c’est cadeau !!!

Par Cyril - Publié dans : cyr2006
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